FLIP 2015 : de superbes expos présentées

Il y a quelques semaines, j'ai eu la possibilité d'aller faire un petit tour du côté de Parthenay (Deux-Sèvres). 
Le FLIP en est à sa 30ème édition (quand même !) et pour l'occasion, toute la ville vivait une fois de plus au rythme des jeux de société pendant 10 jours. Sur les places, dans les rues, dans le Palais des Congrès, dans le Collège, dans la Chapelle ... il y en avait partout !
Et justement, dans la Chapelle des Cordeliers, se trouvait une exposition vraiment intéressante. Y étaient regroupées plusieurs planches d'illustrations de jeux différents qui mettaient vraiment le travail des illustrateurs de jeu en avant.
Je m'y suis donc rendu, entre deux parties, afin d'y jeter un coup d’œil.
Cette Chapelle se trouve un petit peu à l'écart du gros des festivité même si elle jouxte le splendide petit Village Médiéval du festival (un paradis pour les enfants).
Ce cadre majestueux avait été choisi par les organisateurs pour présenter 3 expositions.
La première était consacrée à Dixit, le jeu de jean-Louis Roubira, illustré par de nombreux talents de la palette ou du pinceau (Marie CARDOUAT, PIERÔ, Xavier COLLETTE, Clément LEFEVRE, Franck DION + autres à venir). 

Cette exposition retraçait le cheminement de l'auteur, de son travail avec des publics spécifiques en difficulté, au jeu édité qui a ravi les amateurs de belles images que nous sommes.
Si vous n'avez pas eu l'occasion de voir cette exposition lors de ses derniers "passages publics" lors du Festival International des jeux de Cannes ou autre, arrêtez-vous la prochaine fois pour savourer le travail de longue haleine réalisé pour ce jeu.


Un peu plus loin dans la chapelle, était présenté le prochain de Jean-Louis Roubira qui cette fois-ci a collaboré avec Vincent Bidault pour la création de Feelings.
Il s'agit une nouvelle fois de faire appel aux illustrations pour non pas décrire une scène mais pour retranscrire un sentiment donné. Ce jeu est une nouvelle fois issu d'un travail initial professionnel qui visait à créer un moyen d'échange et de médiation avec des patients en souffrance psychique. 

Pour cela, ils ont fait appel à Franck CHALARD. Son style est simplement unique !  Des personnages colorés, drôles avec cette émotion sincère qui transpire de chacun d'entre eux. C'est réellement impressionnant.
Techniquement, il y a du dessin, de la peinture, du collage, de l'assemblage, du relief, du carton, du fer ... Un melting pot d'éléments qui au final, font apparaître des personnages extrêmement parlant et attachants.



Des auteurs de talent + un illustrateur apportant le sien au projet, le tout au service d'un jeu collectif = le gage que ce jeu soit un formidable outil d'animation avec les différents publics de joueurs ! En tous cas, moi, j'ai commandé mon exemplaire.


La troisième exposition présente était un petit peu plus prévisible. Mais tellement importante.
Il s'agissait de la mise en valeur du jeu Les Poilus (Juan Rodriguez/Fabien Riffaud), illustré pas TIGNOUS. Une exposition sur ce jeu aurait manqué, c'est certain. Et il faut féliciter La Maison des Jeux de Touraine qui s'y est attelé de fort belle manière, en ne s'attachant pas au côté "arf c'est trop triste que Tignous soit mort" mais plus à l'envie de faire découvrir l'évolution du travail de cet artiste par le biais de ses productions pour le jeu en général.
Le thème et la mécanique du jeu Les Poilus sont à la hauteur de la sensation que l'on peut éprouver au regard de ces planches : amitié, envie de s'en sortir sans sacrifier ses principes pour autant, diversité des caractères (parfois chez une même personne) ...

Un moment vrai, servi dans un lieu inspirant le calme et la sérénité.



Si vous rajoutez à cela, des dessins déjantés du Joueur Masqué (illustrateur de Pièces Montées), la présence passagère de BONY (celui qui est quelque part à l'origine de ce blog) pour des dessins en live inspirés du jeu Ouga Bougal'exposition de toutes les affiches du FLIP depuis sa création en 1986, cela faisait d'excellentes raisons de prendre cette pause estivale à Parthenay cette année !

A coup sûr, l'illustration n'est aujourd'hui plus mise de côté dans les festivals de jeu. 
Et ce n'est pas plus mal ...
Tetdos


Pour en savoir plus sur le jeu Feelings : cliquez ici
Pour en savoir plus sur La Maison des Jeux de Touraine : cliquez plutôt là
Je ne vous mets pas de lien vers un site de Franck CHALARD, il est "hacké" pour le moment ^^



Quel avenir pour les illustrateurs de jeux de société ?

Les illustrateurs de jeux sont l'un des nombreux maillons du processus de création d'un jeu de société.  
Seuls, ils ne sont rien. 
Sans eux, les jeux ne seraient pas ce qu'ils sont.
Depuis plusieurs mois,  voire quelques années, un parallèle est fait entre l'actuelle situation du marché de la bande dessinée et le possible futur du marché des jeux de société.

Âge d'or avant la chute et la désillusion ?
Peut-être n'est-il pas trop tard. Peut-être que le petit monde du jeu de société peut encore s'adapter afin de ne pas subir le même revers que son cousin à bulles...


Alors effectivement, certains diront que la bande dessinée est un loisir solitaire tandis que le jeu de société se pratique à plusieurs. Que ces deux loisirs ne procurent pas les mêmes sensations. En cela, les deux univers sont différents. Certes.
Mais il existe tant de similitudes entre la production de ces deux loisirs pour ne pas commencer à se poser sérieusement la question.

Pour commencer à vous faire votre avis, je vous invite à regarder ce documentaire intitulé "Sous Les Bulles". 
Le travail de rencontres et d'analyse de Maiana Bidegain est très intéressant et ne devrait pas vous laisser insensible si, comme moi, les illustrations d'un jeu vous parlent.
Durant le visionnage de ce documentaire, remplacez le mot "bande-dessinée" par "jeu de société", et vous comprendrez pourquoi j'écris cet article... 



Tetdos

GPZI + VD + L&C = une expo !

A l'occasion du dernier festival Finist'Aire de Jeux (18-19 avril 2015), j'ai réalisé, comme tous les ans, une exposition mettant en lumière le travail de l'illustrateur du jeu vainqueur du Grand Prix des Z'Illus de l'année précédente. 
Pour l'occasion, je me suis penché sur Vincent DUTRAIT et le jeu Lewis & Clark (édité par Ludonaute).
Après plusieurs interviews et échanges de mails avec lui, et les deux Cédric(k)s (Chaboussit, l'auteur et Lefebvre, l'éditeur), il en ressort ces cinq panneaux que je vous propose de découvrir ici.
Cette exposition est disponible pour d'autres manifestations et lieux dédiés au jeu ou à l'illustration (festivals, médiathèques ...) moyennant quelques euros et frais de transport qui seront reversés aux organisateurs du festival Finist'Aire de Jeux, parce qu'il faut bien les aider un peu ces pauvres diables sans le sou !
Si cela vous intéresse, n'hésitez donc pas à me contacter en commentaire ou via la page Facebook de Bulle de Jeux.

Bonne lecture et encore un GRAND MERCI aux personnes qui m'ont permis de monter ces quelques planches (Vincent, Cédric, Cédrick, Erwan ...)












Au fait, cette année, le public du festival Finist'Aire de Jeux a décerné Grand Prix des Z'Illus au sublime jeu Abyss (Bombyx), illustré par Xavier COLLETTE
Il faudra donc que j'arrive à le rencontrer cet homme si secret et débordé de travail afin de vous offrir une nouvelle expo l'an prochain !
Il me reste moins d'un an pour ça ... Allez, au boulot !
Tetdos 

7 illustrateurs pour 7 merveilles

Le 13 janvier 2013, j'écrivais le 3ème article de ce blog en m'intéressant aux illustrations de Miguel COIMBRA. En effet, j'avais découvert quelques années plus tôt cet illustrateur en ouvrant ma première boîte de 7 Wonders et là, j'étais resté scotché. Au premier coup d’œil, j'ai pensé que ce gars-là était un surdoué : comment pouvait-on donner une impression d'image peinte dans une illustration faite sur tablette graphique ??? Car en effet, chaque illustration était semblable à un petit tableau ! 
J'ai depuis découvert que ce rendu était sa marque de fabrique, sa manière de dessiner et en cela, Miguel COIMBRA (et quelques autres) sont très reconnaissables (ce qui ne m'explique toujours pas comment il arrive à faire la chose ^^). Personnellement, j'adore toujours ce jeu et à chaque partie je me plais à regarder les cartes que je j'ai en main avant de les jouer.

Et voilà que 2 ans plus tard, l'équipe de Repos Prod nous gratifie d'un bonus de jeu ô combien splendide ! Alors, messieurs mesdames les accrocs de l'extension, ne cherchez pas ici une nouvelle manière de jouer à 7 Wonders. Non, il ne s'agit pas de cela.Il s'agit plutôt d'une nouvelle manière d'apprécier la beauté de ce jeu qui reprend les 7 merveilles du monde comme cités de base de nouvelles civilisations.

Tout comme l'a aussi fait Benoît Forget chez Purple Brain pour Le Lièvre & la Tortue (on ne saura d'ailleurs jamais qui a piqué l'idée à l'autre, mais ça, on s'en fiche complètement), l'équipe de Repos Prod a demandé à 7 illustrateurs de réinterpréter les 7 merveilles du jeu et de les redessiner avec leur patte à eux. Mathieu LEYSSENNE, PIERÔ, Dimitri CHAPPUIS, DJIB, Vincent DUTRAIT et NAÏADE se sont prêtés à cet exercice tandis que Miguel COIMBRA devait lui repenser une illustration qu'il avait déjà lui-même faite ! Un petit défi donc pour ces sept illustrateurs de grand talent. Chacun a pu s'inspirer de l'illustration de base, de son angle, des couleurs de la première version, mais au final, les rendus sont vraiment différents. Voici donc les 7 merveilles du jeu, ré-interprétées avec en bonus quelques petites anecdotes de leurs auteurs ...

En haut : Miguel COIMBRA (illustration originale)
En bas : Mathieu LEYSSENNE (version Artpack)

Mathieu LEYSSENNE : " J'ai hérité du mausolée d'Halicarnasse. Je suis bien content d'avoir pu bosser là-dessus, déjà parce que ça me sort un peu des univers qu'on a l'habitude de me demander, ensuite parce que la collaboration avec Repos Production était vraiment sympa, et qu'en plus je suis bien fan du jeu d'Antoine Bauza. Triple combo paf paf PAF !!!"


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En haut : Miguel COIMBRA (illustration originale)
En bas : PIERÔ (version Artpack)


PIERÔ : "C'était un peu le concours de celui qui avait triché en faisant son illustration (en clair, en utilisant Google Sketchup) ! Et pour le coup, j'avais proposé un cadrage qui me permettait de faire le moins de perspectives possible en axant le dessin sur une statue d'Arthémis... 

Mais ça faisait doublon avec une des autres illustrations ! J'ai donc dû faire de la perspective ... Donc j'ai du tricher ! :p 
Mais la statue, ça n'allait pas... On ne m'a pas laissé faire la vraie statue d'Arthémis, celle qui a plein de seins ! Dommage, non ;)
Euh alors, entre nous PIERÔ, je comprends les personnes de chez Repos Prod ^^


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En haut : Miguel COIMBRA (illustration originale)
En bas : Dimitri CHAPPUIS (version Artpack)

Dimitri CHAPPUIS : " J'ai essayé de pousser la perspective un peu plus loin que ce que je fais d'habitude, ce qui a rendu cette illustration très douloureuse à réaliser ! Ceci dit, j'ai fait un shooting photo avec moi et ma copine pour la statue et les personnages autour et ça, c'était plutôt drôle à faire :) "


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En haut : Miguel COIMBRA (illustration originale)
En bas : DJIB (version Artpack)
DJIB : " Je voulais qu'il y ait une petite narration, en plus d'une ambiance. C'est en tombant sur l'affiche du film de Sergio Leone, sur le Colosse donc, que j'ai eu le déclic : l'idée de la destruction de la Merveille, du séisme qui a ravagé l'île était très évocatrice pour moi. 

Je suis donc parti vers quelque chose d'un peu "épique", à la limite du fantastique. Pour moi, c'est vraiment Hélios, le Dieu du Soleil, qui affronte Poséidon, le Dieu des Océans : le Choc des Titans, quoi ! Au départ, le bras tenant le flambeau devait être en train de tomber, et les Belges-Mexicains m'ont fait recoller tout ça, ce qui donne plus de prestance au Colosse au final."




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En haut : Miguel COIMBRA (illustration originale)
En bas : Vincent DUTRAIT (version Artpack)

Vincent DUTRAIT : " Fasciné depuis toujours par les pyramides d’Égypte et leur imposante présence surnaturelle, je les ai travaillées dans ce sens. En les représentant centrées, dans un environnement quasi-symétrique en faisant converger les lignes de force vers les cieux pour asseoir majesté, ampleur et, pourquoi pas, leur apporter mysticisme et divin.
Pour les couleurs, pour faire « claquer » l'illustration, je souhaitais un fort contraste de couleurs complémentaires (variations ocres/bleus) et de tonalités (la pyramide lumineuse sur le ciel très dense et chargé en couleur, le personnage « sombre » sur le sable clair). 
C'est moi qui ai choisi les pyramides dans la liste des merveilles, car c'était à mes yeux le lieu qui allait le plus me permettre de charger l'illustration en sentiments et sensations par sa structure « simple » et monolithique propice à l'interprétation (prenant le pas sur un trop plein « géométrique » et ou architectural)."

Simple et évident, non ? ^^

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En haut : Miguel COIMBRA (illustration originale)
En bas : NAÏADE (version Artpack)




NAÏADE : " Quand on m'a proposé de bosser sur une des merveilles, il en restait trois de disponibles. Coup de chance pour moi, celle que je voulais en faisait partie ! Je peux vous dire que je suis fier et heureux d'être dans ce pack aux cotés d'illustrateurs que je respecte et qui influencent mon travail. Je suis également honoré que Repos Prod ai pensé à moi pour cette illustration du jeu culte d'Antoine Bauza."


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En haut : Miguel COIMBRA (illustration originale)
En bas : Miguel COIMBRA (version Artpack)


Miguel COIMBRA : " Au début on m'a proposé de faire toutes les merveilles pour des événements. Comme je n'avais pas trop le temps et le courage de toutes les refaire, l'idée est venue (de l'éditeur) de faire participer d'autres illustrateurs et cela coulait un peu de source finalement. Personnellement, j'ai pu choisir ma merveille (privilège de l'ancienneté hé hé !). Pour le phare, l'idée c'était de montrer le calme après la tempête de la première version tout simplement.
Je suis bien content du résultat en tout cas : c'est vraiment sympa de voir l'interprétation des autres. Ce qui est aussi très chouette en c'est que tous les artistes soient francophones : ça reste un peu dans la famille finalement ! :)


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Avec la création de cet "Artpack", Repos Prod met en avant deux choses. 
La première est que l'aspect commercial d'un jeu existe toujours et que refaire parler de ce jeu d'une manière ou d'une autre ne peut être que bénéfique à l'intérêt du public pour le produit.
La seconde, c'est qu'une fois cet aspect commercial dépassé, force est de constater que chez Repos Prod, ils ont su proposer de nombreuses extensions du jeu qui apportent vraiment quelque chose de différent à la manière de jouer. 
Cette fois-ci, ils ne proposent rien de novateur pour le jeu des joueurs, si ce n'est qu'il n'oublient pas d'offrir de la nouveauté visuelle de grande qualité ! Et ça, ce n'est pas rien. 

A force de jouer, rejouer, et re rejouer à jeu, aussi bon soit-il, au bout d'un moment, nous oublions le support avec lequel nous jouons pour ne nous concentrer que sur l'aspect tactique et stratégique d'un jeu. C'est comme ça, c'est mécanique, on pourrait jouer les yeux fermés en pensant très fort. Et bien là, non. Les Belges à sombreros nous proposent d'apprécier une fois de plus le travail excellent de plusieurs illustrateurs pour un jeu qui n'en reste pas moins LA référence des jeux de société modernes de ces 10 dernières années.
Et rien que pour ça, merci.

Tetdos
Pour se balader sur le blog de Mathieu LEYSSENNE : c'est par ici
Pour se balader plutôt sur le blog de PIERÔ : c'est par ici
Pour découvrir le blog de Dimitri CHAPPUIS : c'est par ici
Pour lorgner sur le blog de DJIB : c'est par ici
Pour visiter en passant le blog de Vincent DUTRAIT : c'est par ici
Pour se pencher sur le blog de NAÏADE : c'est par ici
Pour apprécier le blog de Miguel COIMBRA : c'est par ici
Pour en savoir plus sur le jeu et aller sur le site de Repos Prod : cliquez ici


Régis TORRES : le nouveau king de New York

Troisième et dernier entretien post-Essen (ça commence à dater un peu maintenant). 
Après Victor Perez CORBELLA et Clément MASSON, Régis TORRES est le troisième "petit nouveau" à être présent aux côtés d'un illustre auteur de jeu. 
Récit d'une première pour lui. Très certainement pas la dernière ...
Précision : Régis TORRES, c'est celui de gauche !


Tetdos : Quel a été ton parcours avant d’illustrer ton 1er jeu de société ?
Régis Torres : J'ai commencé par être graphiste dans la communication avant de passer sur du jeu vidéo, en m'occupant des interfaces et menus pour différents studios de jeux à Lyon. J'ai ensuite faits mes premières armes au crayon sur les bandes dessinées « Paladin » et « Chroniques de Waow », chez Kantik. En parallèle, j'ai participé d'autres projets avant d'illustrer l'extension King of Tokyo – Halloween, puis sur King of New York

T : Comment ton éditeur t'a-t-il trouvé ?
RT : C'est grâce à Igor Polouchine d'Origames. Je venais tout juste d'illustrer Memo Wars, et il se trouvait qu'il cherchait un illustrateur qui puisse s'adapter au style de King of Tokyo pour l'éditeur Iello. Mon interprétation de leurs personnages a plu à l'éditeur et çà m'a permis de faire mes débuts sur la gamme « King of ».
Illustration de Memo Wars

T: Encore aujourd’hui, tu fais quoi à côté de l’illustration de jeu ?
RT : En parallèle, je participe à Eredan iTCG, un jeu de cartes à collectionner en ligne, c'est de la fantasy avec un style graphique proche de l'animation japonaise (style que j'affectionne particulièrement). Ainsi que d'autres projets ponctuels en parallèle, que ce soit de l'illustration pour un festival, comme pour du jeu vidéo.

T: Quelle est ta technique de travail ? Crayon ou tablette graphique ?
RT : Un peu des deux, en fait. Bien que je travaille essentiellement sur tablette graphique, j'ai quand même besoin de faire mes croquis préliminaires ou de cherchez mes pistes d'abord au crayon. En revanche, une fois cette étape passée je fais tout le reste sur écran. L'avantage (et parfois son revers...) de cette technique, c'est que je peux détailler et retravailler mon visuel autant que je le veux. Plus je sens l'idée, et plus l'illustration ressortira d'elle-même.

T : On s’est rencontré il y a de cela quelques semaines lors de ton premier salon d’Essen. Quel ressenti après ta première grande messe ludique ?
RT : C'était absolument génial ! Entre autres grâce à l'éditeur qui m'a invité sur le salon, Iello, et la gentillesse de son équipe. Pour une première, je ne pouvais pas espérer mieux !
On a une vision globale de la production européenne, ce qui est même assez impressionnant. J'ai réalisé sur place, qu'on parle bien d'une industrie du jeu, quand on voit le soin, la qualité et les moyens mis en œuvre. J'ai pu profiter du salon bien entouré, puisque çà été l'occasion de rencontrer d'autres illustrateurs (comme Mathieu Leyssenne, NaÏade, Pierô, Vincent Dutrait et Tony Rochon entre autres) qui en plus d'être accessibles sont très sympas.

T : Tu as collaboré à des projets dont l'auteur occupe une place de choix au panthéon des personnes de renom dans le jeu de société actuel (Richard Garfield). En avais-tu conscience lors de vos séances de travail ? Quelles ont été les relations avec lui durant cette période ? Et avec ton éditeur ?
Comme je prenais la suite de la gamme King of Tokyo, j'ai su dès le début qu'il s'agissait d'un jeu de Richard Garfield. Mais je n'ai pas été en contact avec lui durant la production par contre. Finalement, c'est durant le salon que j'ai pu le rencontrer ! Pour la production, c'est surtout l'avis de Iello et les conseils du directeur artistique, Igor, qui ont été importants.

Illustration de la couverture du jeu King of New York

T : Quelle était la commande concernant le fait d’illustrer le second volet de « King of … » et de passer après un autre illustrateur (Benjamin Raynal en l’occurrence) ?
RT : Il fallait que les personnages aient tous cet air « bête et méchant », en respectant ce qui avait été fait sur King of Tokyo. Les illustrations de Benjamin Raynal m'ont servi à découvrir l'univers graphique du jeu. Pour King of New York, je crois que l'éditeur voulait à la fois que le jeu soit proche de King of Tokyo tout en ayant sa propre touche, avec cet aspect comique bien présent.
Cartes du jeu King of New York

T : Connaissais-tu d’autres illustrateurs de ce petit milieu auparavant ?
RT : Oui, plusieurs dont je suivais le travail depuis des années. D'ailleurs, c'était trop cool de les rencontrer sur le salon ! Comme je le disais plus haut, il y a une sympathie et une bonne humeur toute particulière qui est très agréable, surtout pour un petit nouveau du milieu du jeu.

T : Quelles similitudes ou grandes différences fais-tu entre le travail d’illustration d’un jeu de société et celui que tu fais en parallèle ?
RT : La principale différence, à mon point du vue, c'est la durée de réalisation. Avant qu'un jeu de société soit terminé, il y a beaucoup d'illustrations diverses à réaliser (les cartes, les pions, sans oublier la couverture !). Je suis habitué à des projets plus courts, donc dans un premier temps çà prenait des allures de marathon. Mais maintenant, c'est surtout très stimulant de s'investir dans un projet sur la durée ! Sinon, sur d'autres aspects çà reste très similaire.

T : D’autres projets ludiques en préparation ?
RT : Oui ! Il y a Graff City qui ne devrait plus tarder à sortir, chez l'éditeur Buzzy Games. C'est un jeu qui met en scène des graffeurs célèbres, et c'était vraiment sympa d'intervenir dessus. Sinon, il y a d'autres projets en préparation mais je crois que l'éditeur préférera en parler lui-même...
Illustrations de Graff City

T : Sinon, toi, tu joues ?
RT : Oui, pas aussi souvent que je le voudrais mais dès que l'occasion se présente je saute dessus. Je ne suis pas un « hardcore gamer » en revanche. Dernièrement, j'ai pu jouer à DisqueMonde – Ankh Morpork, Du Balai, et là j'attends avec impatience de pouvoir tester Mange-moi si tu peux et Shinobi Wat-Aah !

T : Pour quel jeu déjà édité aurais-tu aimé réaliser les illustrations?
RT : Là, c'est un petit délire d'adolescent, mais j'aurai adoré faire les illustrations pour Hero Quest. Quand on voit le plateau de jeu, les cartes ou même les figurines, c'est typiquement le genre de projet fantasy sur lequel j'aurai aimé intervenir. Après je suis partial, puisque c'est un jeu dont je suis fan.


Je vous le dis : ce gars-là, il est là pour un moment. Quand on connait le poids des avis avisés (wizzzzz !) d'Igor Polouchine qui est celui qui l'a recommandé, il y a fort à parier que le gars savait qu'il parlait d'un bon. Un de ceux qui durent dans le petit monde de l'illustration de jeux de société. Et puis en plus, comme beaucoup d'autres, Régis TORRES est un mec vraiment sympa qui se fera un plaisir de papoter avec vous lors du prochain Festival International des Jeux de Cannes où vous pourrez très certainement le rencontrer.

Tetdos

Pour visiter la page DeviantArt de Régis TORRES : c'est par ici !

Ou sinon, pour aller voir ce qu'il met sur Facebook : ben c'est là

Clément MASSON : un petit nouveau dans la tribu !

En octobre dernier, bien coiffé, la barbe taillée et le poil luisant, Clément MASSON s'était préparé à vivre son premier salon d'Essen. Il faut dire que c'était, comme pour Victor Perez CORBELLA, son grand saut dans l'univers du jeu de société. Ce grand moment où il allait rencontrer ceux pour qui il avait illustré les éléments de Five Tribes (Bruno Cathala/Days of Wonders) : les joueurs eux-mêmes
Et pour ça, Clément MASSON ne voulait pas se louper.

Rencontre avec l'un de ceux qui pourraient bien se faire une jolie place d'illustrateur dans le petit mon de ludique ...

Tetdos : Quel a été ton parcours avant d'illustrer ton premier jeu de société ? 
Clément MASSON : A peine diplômé en 2007 j'ai commencé par le design d'interfaces et menu chez E.L.B. (Etrange Libellule) une boite de jeux vidéos Lyonnaise, puis progressivement je suis passé au design de personnages et de décors. Parallèlement je bossais pour d'autres clients comme graphiste, illustrateur ou même animateur flash (j'étais jeune, et j'avais faim ...). Quand E.L.B. a fermé j'ai continué comme indépendant et Five Tribes à été mon premier gros projet.
T : Comment les gens de Days of Wonder t'ont-ils découvert ?
CM : C'est moi qui ai fait le premier pas en leur envoyant une lettre de motivation... Huit mois après Adrien Martinot me rappelait pour me dire que j’étais l'heureux élu !

T: Encore aujourd'hui, que fais-tu en parallèle de l'illustration de jeux de société ?
CM : Je fais de la peinture, de l'illustration ou du graphisme pour toute sorte de projets. Ça peut être aussi bien pour l'horlogerie Suisse que pour un parc d'attraction à thème, mais je ne néglige pas non plus les commandes de particuliers (tableau, faire-part).

T: Quelles sont tes techniques de travail ? Crayon ou palette graphique ?
CM : Crayon pour commencer quand j'en ai le temps puis palette graphique parce que je suis feignant...Mais dans mes loisirs, dès que je peux, je reviens à des techniques à l'ancienne comme l'aquarelle ou l’acrylique. Ce n'est pas le même plaisir...

T:  On s’est rencontrés il y a de cela quelques semaines lors de ton 1er salon d’Essen. Quel est ton ressenti après ta première grande messe ludique ?
VPC Mal au crane et les jambes lourdes !!! :) Plus sérieusement je ne m'attendais pas à un truc aussi énorme et je ne savais pas que le jeu pouvais être une chose aussi sérieuse !



Processus de création en 3 étapes avec 2 croquis intermédiaires qui ont amenés à la première case du plateau de Five Tribes : le souk

T: Tu as collaboré à un projet dont l'auteur (Bruno Cathala) occupe une place de choix au panthéon des personnes de renom dans le jeu de société actuel. En avais-tu conscience lors de vos séances de travail ? Quelles ont été tes relations avec lui durant cette période ? Et avec ton éditeur?
VPC : Oui j'en ai pris conscience quand il m'a appelé, c'est évidemment un grand honneur de travailler avec quelqu'un comme Bruno. C'est quelqu'un d'exigeant et d’expérimenté. Cela a augmenté le niveau d'exigence que je me m'imposais. C'était un vrai challenge. Pendant la production, on ne s'est rencontrés qu'une fois, dans son fief des montagnes où j'ai pu tester le proto de Five Tribes
Sinon, le travail d'illustrateur est un travail solitaire. A vrai dire, je n'ai même jamais rencontré, ni même parlé au téléphone avec le directeur artistique de DOW : tout s'est fait par mail. Il m'a laissé très libre dans mon travail, à part pour le plateau et la couverture du jeu. Avec Bruno on a très peu communiqué sur l'aspect graphique du jeu. Il m'a juste donné deux, trois conseils avant ... et fait deux, trois critiques maintenant :) !

T: Connaissais-tu d'autres illustrateurs de ce petit milieu avant ?
CM : Non

T: Quelles similitudes ou grandes différences fais-tu entre le travail d’illustration d’un jeu de société et celui que tu fais en parallèle ?
CM : Je ne vois pas une grande différence puisque je me suis souvent orienté vers des projets ludiques ou en rapport avec le divertissement. En gros, s'amuser en cherchant à créer un univers le plus immersif possible.


T: D'autres projets ludiques en préparation ?
CM : Une extension de Five Tribes...

T: Sinon, toi, tu joues à des jeux de société ?
CM : Oui je suis un drogué des échecs en ligne ! D’ailleurs, à Essen, j'allais régulièrement me prendre des raclées par des petits surdoués de 14 ans. Sinon avec ma femme on s’écharpe régulièrement sur Sobek, Citadelles ou l’Île Interdite (j'aime les jeux coopératifs parce que je suis mauvais joueur).Occasionnellement, on participe à des soirées jeux entre amis mais je ne suis pas ce qu'on appelle un "hardcore gamer".

T: Pour quel jeu déjà publié aurais-tu aimé réaliser des illustrations?
CM : Carcassonne, parce que la couve... euh, comment dire ... ?! ^^

Bon, ben là, il est difficile de lui donner tort au gars Clément ! Tiens, cela serait marrant de voir comment certains illustrateurs traiteraient aujourd'hui certaines couvertures de jeux ... comment dire ... vraiment pas belles. 
Mais revenons encore un poil sur Clément MASSON. J'ai eu la chance de papoter un petit peu avec lui et c'est vraiment un "nouveau venu" avec tout ce cela a d'attendrissant, regardant les "anciens" comme NAÏADE ou PIERÔ avec un air mi-respectueux/mi-admiratif.
Et bien, si son talent reste bien vissé au bout de son stylet et que son regard reste celui d'un gars qui veut bien faire, on risque, nous les joueurs, de revoir très bientôt sa patte dans nos boîtes. Personnellement, j'en serai ravi !


Tetdos
Pour visiter le petit site de Clément MASSON : cliquez ici !

Info FLASH : la P.B.V. arrive !

Le Lièvre et la Tortue est le dernier jeu édité par Purple Brain. 
Benoît Forget, l'éditeur, a demandé à Mathieu LEYSSENNE de réaliser les illustrations du jeu. Ce qu'il fait de fort belle manière.
Mais cette petite histoire ne s'arrête pas là. 

Voici que débarque la P.B.V. ou plus simplement, la "Purple Brain Variation".
La nouvelle n'est pas encore officielle, mais d'après les différentes sources facebookiennes, il semblerait que d'autres illustrateurs se soient prêtées au petit jeu du "je refais le même personnage, mais à ma sauce. Nul doute qu'il s'agit là d'une demande de Benoît Forget. 
Si l'on se réfère au jeu, il y a 5 personnages : le lièvre, la tortue, le mouton, le renard et le loup. Nous pouvons donc légitimement penser que 5 illustrateurs vont reprendre ces personnages.
Et voilà que nous savons déjà que PIERÔ, NAÏADE et Arnaud DEMAEGD sont de la partie.


Le loup version Mathieu LEYSSENNE et version PIERÔ

Le mouton Leyssennien et version le mouton Naïadesque
Le lapin de Mathieu et celui d'Arnaud

Il reste donc encore deux autres illustrations à venir.
D'après vous, à qui Benoît Forget a-t-il demandé de reprendre le renard et la tortue ?
Nous devrions le savoir très rapidement ...

Tetdos